Droits fondamentaux

Diffamation, honneur et réputation : que faire selon le droit géorgien

Quand une déclaration constitue une diffamation, comment la distinguer d'une opinion, ce qu'il faut prouver et quels délais et réparations s'appliquent à une action en diffamation.

Que faire

  1. ⏰ D'abord le délai : l'action en diffamation doit être introduite dans les 100 jours à compter du moment où la personne a appris ou aurait pu apprendre la déclaration (art. 19 de la loi) (Loi sur la liberté d'expression, art. 18).
  2. Fait ou opinion : la diffamation est une déclaration contenant un fait substantiellement faux et qui porte atteinte à la personne (Loi sur la liberté d'expression, art. 1) ; l'opinion (appréciation ne contenant pas de fait vérifiable) bénéficie d'un privilège absolu (même loi, art. 4) ; le doute entre fait et opinion s'interprète en faveur de l'opinion (même loi, art. 7). L'injure sans affirmation d'un fait est, en règle générale, une opinion. Privilèges à prendre en compte : n'engagent pas la responsabilité les déclarations faites dans le cadre de débats politiques, devant un tribunal ou dans les organes représentatifs (même loi, art. 5) ; une déclaration visant un groupe indéterminé, ou ne permettant pas d'identifier sans équivoque le demandeur, ne peut pas faire l'objet d'un litige (même loi, art. 6).
  3. Défendeur : l'auteur ou le rédacteur ; pour la publication d'un journaliste, le propriétaire du média répond ; le simple diffuseur technique est un mauvais défendeur (même loi, art. 6).
  4. Preuve : le demandeur indique quel fait substantiellement faux la déclaration contient à son égard et pourquoi elle porte atteinte à sa réputation (même loi, art. 13). Le défendeur répond, sauf s'il prouve que la déclaration ne contient pas de fait substantiellement faux (même loi, art. 13). Personne publique : le défendeur est libéré en prouvant sa bonne foi (vérification raisonnable, ignorance du caractère faux) (même loi, art. 14) ; le doute sur le statut s'interprète en faveur de la personne publique (même loi, art. 7).
  5. Demandes : publication d'un message sur la décision du tribunal ; si cela ne suffit pas, réparation du préjudice matériel et moral. On ne peut pas contraindre à des excuses (même loi, art. 17). Les informations diffusées par les médias sont réfutées par ces mêmes médias (Code civil de Géorgie, art. 18).
  6. Risque pour le demandeur : pour une action en diffamation manifestement infondée, le défendeur peut réclamer au demandeur une indemnité pécuniaire raisonnable (Loi sur la liberté d'expression, art. 18).
  7. Où s'adresser : tribunal de district (municipal), pour une action civile ; avant le procès, demande écrite de rectification adressée à l'auteur ou au média.
  8. Preuves : constat de la publication (captures d'écran avec URL et date, de préférence constat notarié), ampleur et conséquences, éléments prouvant le caractère faux du fait.
  9. Pièges : rassembler les preuves pendant des mois et laisser passer le délai de 100 jours ; plaider au sujet d'une opinion de valeur, avec pour conséquences une défaite et un risque d'indemnité en retour ; poursuivre la plateforme au lieu de l'auteur ou du propriétaire du média.

À vérifier absolument

  • délai court pour agir : 100 jours à compter du moment où l'on a appris la déclaration
  • fait contre opinion : l'opinion est absolument protégée
  • charge de la preuve : le demandeur indique le fait faux, le défendeur prouve sa véracité ; pour les personnes publiques, défense par la bonne foi
  • ce qui peut être obtenu, et comment fixer les preuves

Dispositions en vigueur (textes en géorgien)

საქართველოს სამოქალაქო კოდექსი

საქართველოს კონსტიტუცია

Ceci est un aperçu, pas un conseil juridique. Les délais et montants suivent la version en vigueur de la loi — vérifiez-les dans le texte de chaque article.

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